Keï Khosrou

Khosrou équipe une armée

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Khosrou, aussitôt que Hedjir l’eut quitté, tint conseil avec son secrétaire ; il était si rempli de sollicitude pour son armée, qu’il ne pensait qu’à livrer bataille, disant :

Si Afrasiab mettait son armée en marche et passait le Djihoun, il ferait reculer mes troupes : il faut donc que je parte moi-même ; c’est le seul parti que je puisse prendre. »

Il fit venir sur-le-champ le chef de la famille de Newder et lui ordonna d’entrer à l’instant en campagne, de marcher contre le Dehistân et d’occuper avec ses troupes toutes les plaines du Kharezm ; d’avoir grand soin de l’armée au jour de la bataille et de combattre comme un léopard.

Le bruit des timbales, des clairons et des trompettes d’airain s’éleva de la porte du palais de Thous ; le Sipehdar et son armée se mirent en marche, la terre disparut sous les sabots des chevaux ; tu aurais dit que le ciel qui tourne s’arrêtait de peur de ces cavaliers.

Pendant deux semaines une armée qui éclipsait le soleil et la lune traversa la frontière de l’Iran et le bruit se répandit dans le monde entier que le prince victorieux entrait en campagne.

Le roi de l’Iran, dès que ’l’housl’eut quitté, se prési ce !

Para en toute hâte à partir lui-même avec cent mille hommes choisis parmi ses braves, tous Pehlewans pleins de fierté.

Ilse dirigea du côté de Gouderz, avec les grands avides de combats ; avec les éléphants et les timbales et toute sa pompe royale ; avec sa couronne et le trône du roi des rois.

Hedjir avait prisles devants, marchant fièrement, rapidement et le cœur en joie ; il avait été comblé de présents, de bontés et d’honneurs ; on eût dit qu’il cumulait la terre sous lui.

Arrivé près de l’enceinte des tentes de Gouderz, il entendit un fracas de trompettes, comme si dans le ciel la lune et Vénus et Saturne eussent été en guerre.

Tout le monde sortit du camp à sa rencontre, la terre se couvrit de tulipes, l’air étincelait d’or, l’armée se para comme l’œil du coq et l’on amena les éléphants portant des timbales et parés de clochettes d’or.

Hedjir s’étant présenté devant l’illustre Pehlewan, lui raconta ce qu’il avait vu chez le roi des rois, comment Khosrou l’avait reçu gracieusement, quelles promesses il lui avait faites, combien il était noble et sage, quelle affection il portait à toute l’armée et comment son visage s’était déridé en apprenant le message du Pehlewan.

Ensuite, il remit à Gouderz la lettre de Khosrou et lui répéta les salutations des grands.

Gouderz, en apprenant les bontés du roi pour lui, posa la lettre sur ses yeux et sur son front, en rompit le sceau et la donna à son secrétaire, qui lui en fit lecture.

A02 Le Sipehdar invoqua les grâces de Dieu sur le roi et baisa la terre en signe d’obéissance ; il resta debout toute la nuit, tenant conseil avec son fils.

À l’aube du jour il s’assit et fit ouvrir sa porte et tous les chefs de l’armée entrèrent aussitôt le casque sur la tête.

Hedjir apporta la lettre du roi fortuné et la posa devant le secrétaire, qui la lut devant les braves et fit connaître les conseils et les ordres de Khosrou.

Le Sipehdar manda les payeurs de l’armée et se plaça dans la salle d’audience pour distribuer de l’or ; il fit amener en masse dans le camp tous les troupeaux de chevaux qu’il possédait dans la montagne ; il remit aux payeurs les clefs de tous ses trésors d’or, d’épées, de ceintures, de riches cuirasses et de casques d’or ; et comme le temps de combattre s’approchait, il prodigua à l’armée toutes ces richesses et en combla les cavaliers et les fantassins.

Il réunit une armée semblable à une montagne ; la terre pliait sous les chevaux aux pieds de vent ; le cœur des lions tremblait devant ces hommes couverts de fer, d’or et d’argent.

Gouderz leur commanda de se préparer au combat et d’être tout cœurs, tout oreilles et tout yeux pour la vengeance.

Ils défilèrent par corps d’armée devant le Sipehbed, formant une masse semblable à une montagne.

Leur vaillant chef regarda cette multitude ; il vit que la terre en devenait sombre et que le ciel s’obscurcissait et il dit :

Depuis le temps du grand Djem-

Un . schid, personne n’a couvert ainsi un champ de bataille de chevaux, d’armures, d’or et d’argent, d’éléphants de guerre et de lions courageux ; et si le Créateur m’est favorable, je secouerai la bride de mon cheval d’ici jusqu’au pays de Chine. »

Ensuite, il rentra dans sa tente et appela ses conseillers ; il s’assit avec les grands de l’armée pour entendre de la musique et but joyeusement en tenant conseil avec les héros sur le prochain combat.

Dernière mise à jour : 7 sept. 2021