Keï Kaous

Siawusch bâtit Gangdiz

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Je vais maintenant ouvrir la porte des histoires et des belles traditions de nos ancêtres ; je vais parler de Gangi Siawusch, je vais décrire cette ville et rapporter les récits des anciens.

Gloire au créateur du monde, au créateur de tout ce qui est connu et inconnu, au maître de l’existence et du néant, à Dieu qui seul est unique, tandis que toute chose tréée a son semblable !

Gloire à son prophète et à chacun de ses compagnons !

Puisque le monde a vu dispa-

I reître ces hommes justes, ne compte pas y rester.

Où est maintenant le trône du roi des rois ?

Où sont les grands pleins de cœur et de noblesse ?

Où sont les sages et les savants et les investigateurs infatigables ?

Où spnt les idoles pleines de grâce et de modestie, avec leurs bonnes paroles et leur voix tendre ?

Où sont les opprimés qui avaient trouvé un refuge dans la montagne et qui étaient privés de tout repos, de tout bonheur et de toute gloire ?

Où sont ceux qui touchaient les nuages de leur front et ceux dont le lion était la proie ?

Tous ont pour couche la terre et la brique et heureux sont ceux qui n’ont semé que la semence du bien.

Nous venons de la poussière et nous devons y retourner ; et partout il n’y a que crainte, malheur et terreur.Tu meurs, mais le monde dure et personne ne peut distinguer ce qui est accessible à l’homme de ce qui ne l’est pas ; le monde entier est plein de mystères et d’exemples instructifs.

Pourquoi notre sort est-il de n’y pas faire attention ?

Après avoir cherché pendant soixante-six ans un lieu de repos, le front ridé par l’excès du travail et par les peines, tu as étendu sur le monde la main de l’ambition ; mais la plupart de tes compagnons t’ont déjà devancé en mourant et tu ne seras plus leur confident : écoute donc une histoire tirée d’un ancien livre.

Puisque ces hommes illustres ont quitté le monde, pourquoi mets-tu sur ta tête la couronne de l’ambition ?

Ce sont eux qui avaient fait fleurir le

Monde entier dans un temps où il y avait de la justice sur la terre.

Maintenant écoute l’histoire de Gangdiz ; prête l’oreille à ce récit.

Il n’y a pas de lieu sur la terre comparableà Gangdiz, il n’y a pas de pays qui ravisse autant le cœur ; c’est Siawusch qui a bâti cette ville et qui a supporté dans ce travail les plus rudes fatigues.

Quand on a passé la mer, on trouve un désert où tu vois une grande plaine sans eau ; au-delà de cette plaine est un pays habité et rempli de villes d’où l’on peut tirer toutes sortes de choses ; ensuite tu rencontres une grande montagne dont la hauteur dépasse toute mesure et au milieu de laquelle est bâtie Gangdiz ; et sache, pour que ton instruction soit complète, que cette montagne a cent farsangs de tour, que sa hauteur étonne l’œil, que tu n’y trouves pas de chemin, de quelque côté que tu ailles et qu’elle forme une enceinte continue.

C’est donc un bassin de trente-trois farsangs de diamètre, entouré de tous côtés d’un rempart de rochers ; et si l’on y place un homme par farsang pour en défendre l’accès, cent mille hommes, armés de cottes de mailles et montés sur des chevaux caparaçonnés, ne pourront forcer le passage.

Quand tu auras passé ce mur de rochers, tu apercevras une grande ville, remplie de parterres de roses, de parcs, de palais et de maisons, de bains chauds et d’eaux vives ; tu trouveras dans chaque maison de la musique et du luxe de toute espèce.

La montagne est peuplée de bêtes fauves et la plaine de cerfs ; c’est un paradis qu’on ne veut plus quitter une fois qu’on l’a vu.

Si tu vas dans la montagne, tu y trouves des faisans, des paons et des perdrix ; les étés n’y sont pas chauds, les hivers n’y sont pas froids et ce n’est partout que plaisirs, repos et festins ; il n’y a pas un malade dans cette ville ; enfin c’est un jardin du paradis.

Toutes les eaux y sont limpides et douces et dans les champs règne un printemps éternel.

Si tu mesures cet espace au farsang persan, tu en compteras trente en long et en large et la montagne a un farsang et demi de haut et elle est si escarpée que les hommes tremblent d’y monter.

De l’autre côté s’étend une plaine telle que personne n’en a vu de plus belle.

Lorsque Siawusch arriva dans ce lieu et qu’il l’eut examiné, il le choisit de préférence à tout autre lieu du Touran.

Le héros illustre lui donna son propre nom et couronna les rochers d’enceinte par un mur qu’il fit bâtir de pierres, de mortier, de roseaux et de cette substance dont nous ne savons pas le nom.

La hauteur de ce mur est de plus de deux cents palmes, son épaisseur de trente-huit et ni catapulte ni flèche ne peuvent l’atteindre.

Il faut nécessairement le voir pour comprendre combien il est inaccessible ; car si l’qn en parle à ceux qui ne l’ont pas vu, ils s’indignent contre le narrateur.

Il y a deux farsangs du sommet du rempart jusqu’au pied des ro-DES-BUIS. chers et tout autour se déroule une plaine liasse d’où l’œil ne peut s’étendre plus haut que la crête de la montagne . crête si élevée que les oiseaux hésitent de voler par-dessus.

Siawusch entreprit beaucoup de travaux sur ce point où il voulait établir son pouvoir, son trône et sa couronne ; il éleva des bâtiments dans cet endroit ravissant ; il construisit une ville dans ces beaux lieux, une ville avec des maisons, des palais et un Meïdan ; il y planta des arbres sans nombre ; il en fit un séjour semblable au paradis et y sema des roses des hyacinthes, des narcisses et des tulipes.

Dernière mise à jour : 7 sept. 2021