Kobad fils de Khosrou Parviz

Complainte de Barbed sur Khosrou

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Écoute maintenant la complainte de Barbed et honore sa dévotion envers le prince.

Lorsque Barbed eut appris que le roi avait abandonné le trône et qu’il était sans pouvoir et irrésolu, il se rendit de Djehrem à Thisifoun, les yeux baignés de larmes, le cœur gonflé de sang.

En arrivant dans cette demeure, il vit le roi dont le visage autrefois brillant était devenu pâle comme la fleur du fenugrec.

Après être resté quelque temps en sa présence, il se dirigea en gémissant vers le seuil de la grande salle et là, le visage blême, le cœur plein de tristesse, il composa à son sujet une lamentation en pehlewi, si belle que le roi prêta l’oreille à ce chant douloureux ; tous ceux qui veillaient sur le roi, tous les gardes qui étaient près de lui répandirent des larmes et . ressentirent une douleur brûlante comme la flamme Ainsi chanta Barbed :

Illustre Khosroës, grand du soleil. i

3 et fier monarque, héros magnanime, où est la grandeur, ta majesté, la fortune, ton diadème ?

Ton rang élevé, ta couronne, tes bracelets et ton trône d’ivoire, où sont-ils ?

Le salon où tes chanteurs se réunissaient la nuit ?

Les chefs de la citadelle et de la cour ?

Le diadème, le drapeau de Kaweh, tes glaives à la lame bleuâtre ?

Qu’est devenu ton noble Mobed Djanosipar qui avait un trône d’or et des pendants d’oreilles ?

Où est ton casque ?

Ta cotte de mailles dorée dont chaque houton était orné d’une pierre tine ?

Et ton cheval Schebdiz à l’étrier d’or, ce cheval qui frémissait sous toi ?

Et tes cavaliers aux rênes d’or qui faisaient du corps des ennemis le fourreau de leur épée ?

Ils désespérèrent tous de ta vie.

Où sont tes dromadaires, tes éléphants blancs, tes chameaux au pas cadencé, tes litières dorées et tes serviteurs empressés ?

Et ta parole douce et persuasive, ton cœur, ton esprit brillant, où sent-ils ?

Pourquoi restes-tu ici seul et privé de tout ?

As-tu trouvé dans les livres un jour pareil à celui-ci ?

Il ne faut pas se targuer des faveurs de la fortune, car elle a plus de poisons que de contrepoisons.

Tu cherchais dans ton fils un ami, un soutien et c’est lui qui t’a mis aux prises avec le malheur.

Les rois trouvent dans leurs enfants une force, un abri contre les atteintes du sort, mais le roi des roisa vu diminuer sa force et sa majesté à mesure que FILS DE mavrz. son fils grandissait.

Quiconque voit la situation du Khosroês ne doit plus se fier à ce monde.

Que l’Iran ne soit plus à tes yeux qu’un amas de ruines, qu’un repaire de léopards et de lions !

Le chef de la race iranienne, le roi dont la puissance était sans égale meurt et l’Iran meurt avec lui ; les espérances de ses ennemis triomphent ; voilà tout ce. qui reste de défenseurs à celui qui accueillit jadis les plaintes de l’armée.

La faute en est au grand berger, si les loups se glissent aujourd’hui à travers les brèches.

Dites à Schirouï : Roi sans vergagne, ce n’est pas ainsi qu’on traite un souverain ; ne compte pas sur la fermeté de ton armée quand la guerre éclatera de tous côtés.

Mais toi, ô Khosrou, que Dieu protège ta vie ; qu’il abaisse le front de tes calomniateurs !

Je le jure par Dieu, par ton nom royal, par le Nôrouz et le Mihrdjân, par le printemps heureux, si ma main fait retentir de nouveaux accords, que mon nom soit privé de bénédictions !

Je jure de brûler tous ces instruments pour ne plus voir ton ennemi aux sinistres pensées !

N Et aussitôt il se coupa quatre doigts, et, soutenant sa main mutilée, il courut à sa demeure, alluma un grand feu et y brûla en même temps tous ses instruments de musique.

Dernière mise à jour : 7 sept. 2021