Keï Khosrou

Khosrou protège les femmes d'Afrasiab

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Ensuite Khosrou choisit dans son armée des hommes de sens, des nobles qui avaient de l’expérience et de la bravoure et leur dit :

Puissent vos corps être en bonne santé ; puissent vos cœurs être remplis de justice !

Je vous confie la garde de la : porte du palais de ce Turc, dont la fortune est mauvaise ; faites tous vos efforts pour la défendre,-car il ne faut pas que même le soleil du haut de la voûte des cieux pénètre dans le palais d’Afrasiab et je ne veux pas qu’on entende dans la rue la voix de ses femmes au visage voilé. »

Il envoya des surveillants pour prendre soin des troupeaux de chevaux qui paissaient librement autour de Gangue et il ne lit du mal à aucun membre de la famille d’Afrasiab, comme il convient à un roi.

Quand l’armée iranienne vit ce que faisait le roi, elle éclata en murmures, disant :

Keï Khosrou se comporte ici de manière qu’on dirait qu’il est dans la maison d’un hôte !

Il ne se rappelle pas le sang de son père, à qui on a tranché la tête par folie et par injustice ; il oublie sa mère, qu’on a tirée du sanctuaire de son trône et de son palais pour la traîner dans la rue !

Ce roi ne peut donc faire du mal à personne, parce qu’il aété élevé par des pâtres et a sucé le lait des brebis !

Pourquoi ne détruit-il pas la demeure d’Afrasiab, comme un léopard aux griffes aiguës ?

Pourquoi ne réduit-il pas en ruines son palais et sa salle d’audience ?

Pourquoi les flammes ne s’élancent-elles pas de la grande place ? »

L On rapporta à Keï Khosrou ces propos des Iraniens, mot pour mot ; il envoya un messager pour convoquer les sages et leur fit un long discours, disant :

Il ne faut jamais montrer de la colère, ni louer ceux qui agissent follement.

Il vaut mieux, que, malgré mon désir de vengeance, je sois juste et quand je pourrais satisfaire mes passions, que je pense à mon renom, car les bienfaits sont les souvenirs qu’on laisse sur la terre.

Le monde ne reste à personne éternellement et la rotation du ciel peut répandre des malheurs sans nombre sur qui elle veut. »

Ensuite le roi du monde ordonna qu’on amenât. en secret les femmes d’Afrasiab, loutes filles de rois, toujours couvertes de voiles et dont aucune n’était jamais sortie de l’appartement des femmes dans la rue.

Lorsque les Iraniens l’apprirent, ils coururent au palais, remplis de désirs de vengeance, car ces héros croyaient que Khosrou mettrait à mort les femmes et ils voulaient les traiter avec indignité et s’apprêtaient à les piller et à les tuer.

On entendit sortir de l’intérieur du palais des voix lamentables disant : Ô roi sage, distributeur de la justice !

Tu sais que nous sommes entièrement sans défense et pourtant nous [n’avons pas mérité d’être couvertes d'indignités et d’opprobre. »

La reine principale, accompagnée de ses filles, parut en chancelant devant le roi ; une esclave se tenait devant chacune de ces femmes ; chacune portait un diadème de rubis sur la tête et des pierreries brillaient comme le soleil sur leurs robes brodées d’or.

Le cœur ivre de la terreur que leur inspirait le roi des rois, elles portaient chacune une coupe d’or remplie de perles, de rubis, de musc et de pierres précieuses et leurs têtes s’abaissaient dans leur honte.

D’une main elles portaient la coupe, de l’autre un encensoir dans lequel brûlaient de l’ambre et du bois de sandal ; on aurait dit que Saturne versait du haut des cieux des étoiles sur la terre.

La grande reine s’avança vers le trône ; elle rendit des hommages au roi et toutes ces idoles, élevées si délicatement, se mirent à l’adorer de la même manière, toutes pleurant amèrement et survivant à

1’00 peine à leur disgrâce.

Sois généreux au jour du besoin envers ceux qui n’ont connu que le luxe et l’accomplissement de leurs désirs !

Elles lui rendirent. hommage dans leur douleur et la reine lui dit :

Ô noble roi, dont les traces sont fortunées !

Quel bonheur, si le pays de Touran n’avait pas rempli ton cœur de peines et du désir de la vengeance !

Tu serais venu ici heureux et pour être fêté ; tu serais venu l’allié et le bienvenu des princes ; comme roi et maître de ce pays, tu aurais placé le pied sur le trône de ton grand-père et Siawusch n’aurait pas été tué par la folie d’Afrasiab.

Et pourtant c’est ce. qu’a amené la rotation du soleil et de la lune ; c’est ce qu’a fait Afrasiab, issu d’une mauvaise race, qui ne doit pas compter, même en songe,sur ton pardon.

Je lui ai donné des conseils, mais il n’en a pas profité ; il a follement détourné sa tête de mes avis.

Dieu m’est témoin que mes yeux ont versé des larmes de sang.

Ensuite Djehn, mon fils et ton parent, qui ne s’est détaché qu’avec douleur des liens qui l’attachent à toi, est témoin de l’anxiété qu’il y avait dans mon cœur et dans mon âme pour Siawusch, quand il se trouvait chez moi et combien de conseils Afrasiab, le méchant. »

Refusé ce d’enlendre et de suivre, jusqu’au moment où la fortune l’a abandonné, où son royaume a été bouleversé, où sa couronne et sa ceinture ont été livrées au pillage. ses jours assombris, sa tête humiliée et I

un sa vie rendue pire que la mort.

Il est étonnant que sa peau ne se soit pas fendue sur son corps.

Malle a tenant jette un regard de roi sur nous qui sommes innocentes.

Nous sommes toutes dépendantes de Khosrou, nous n’entendons dans le monde d’autre nom que le sien et il ne voudra pas faire souffrir ces femmes innocentes des mauvaises actions d’A- -frasiab, le magicien et s’attaquer sans réflexion à celles qui n’ont pas fait de mal, les affliger, les blesser et verser leur sang.

Car il n’est pas digne d’un roi de trancher une tête qui n’est pas coupable.

Toi, ô roi, tu as d’autres intentions ; personne ne reste éternellement dans ce monde passager : fais donc que tu n’aies pas à trembler de honte au jour où il faudra rendre compte, quand Dieu t’interrogera. »

Lorsque Khosrou entendit ces paroles, il s’attendrit sur ces femmes aux beaux visages, que la fortune avait abandonnées, dont les joues voilées brillaient comme des lampes, dans leur douleur et leur angoisse et le cœur des hommes de sens tremblait d’émotion, car chacun pensait à sa femme et à ses enfants.

Les chefs de l’armée, les princes vaillants rendirent des hommages au puissant roi, priant le glorieux Khosrou, au nom du Créateur du monde, de ne pas faire tomber sa vengeance sur ces femmes.

Le sage Khosrou leur répondit :

Malgré tout ce (tout j’ai à me plaindre, je ne ferai de mal à personne, si avide de vengeance que soit mon âme.

Je suis soucieux de ce que fait ce prince puissant, a mais le malheur de ses femmes me peine et quoiqu’il ait agi méchamment envers ma mère, pleine de vertus, je ne veux pas faire le même mal à d’autres. »

Le maître du monde, ce fils de parents saints, ordonna aux femmes d’Afrasiab de rentrer dans leur demeure, en leur disant :

Ayez confiance et ne croyez pas ceux qui vous diraient de mauvaises paroles.

Ne craignez dorénavant rien de moi ; je ne suis pas traître comme un misérable ; personne n’osera vous faire du mal et la vie de quiconque l’essayerait ne serait pas longue.

Restez avec confiance dans votre palais, vouant à Dieu vos corps et vos âmes. n

Dernière mise à jour : 7 sept. 2021