Khosrou Parviz

Khosrou apprend ce que l'armée à fait

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Pendant ce temps Ferrukhzad se tenait devant la porte du palais et ne laissait entrer personne par qui le roi aurait pu apprendre ce qui se passait ; il se tenait à la porte pour en garder le rideau, lui seul.

Lorsque le ciel eut pâli sous son voile et que tous les grands eurent préparé leurs lieux de sommeil, Ferrukhzad ordonna à tous les gardiens de nuit de la ville, à tous ceux qui y exerçaient une autorité, de se rassembler à la porte du palais, ce lieu de joie et de repos du roi.

Il leur dit :

Cette nuit, il faut adopter un cri autre que celui d’hier soir et à chaque veille, de la nuit il faut que tous les gardiens proclament le nom de Kobad. »

On lui répondit :

, Nous ferons ainsi et nous chasserons de notre tête le nom de Parviz. »

Et lorsque la nuit eut renouvelé son voile couleur de poix, tous les gardiens ’élevèrent leur voix dans la ville et sur les marchés, poussant leur cri au nom de Kobad :

Que Kobad, le descendant des Grands rois, vive et soit . heureux !

Que son nom soit proclamé dans tous les pays !

N Le roi du monde dormait dans la nuit profonde et Schirin se tenait près du chevet de son lit, l’esprit troublé.

Lorsqu’elle entendit ce cri des gardiens de nuit, elle devint inquiète et son cœur, jadis si joyeux, s’émut.

Elle dit à Khosrou :

Ô roi, que va-t-il arriver ?

Il faut que nous parlions de ce qui se passe. »

Le roi s’éveilla à la voix de Schirin, et, tout irrité de ce qu’elle lui parlait, il lui dit :

Ô toi, au visage de lune !

Pourquoi parles-tu pendant que je dors ? »

Elle répondit :

Ouvre les oreilles et écoute’les cris des gardes de nuit. »

Khosrou entendit alors ces cris et ses joues devinrent pâles comme la fleur du fenugrec.

Il dit :

Quand trois veilles de la nuit seront passées, demandez l’avis des astrologues ; car, quand ce malfaiteur a été mis au monde par sa mère, je lui ai donné en secret le nom de Kobad, mais tout haut je l’ai appelé Schirouïeh et ai toujours tenu caché son autre nom ; en public il a toujours porté le nom de Schirouïeh, et, pourtant ce vilain l’appelle Kobad.

Il faut que nous partions pendant la nuit sombre pour la Chine, ou le Madjiu, ou le pays de Mekran ; nous devancerons nos canerais sur la route à l’aide d’une ruse et je demanderai une armée au F aghfour de la Chine. »

Mais son étoile dans le ciel s’étant obscurcie, ses affaires sur la terre se gâtèrent.

Il n’exécute pas son plan pendant la nuit sombre ; il prit trop légèrement une affaire grave.

Schirin lui dit :

Notre temps arrive ; nos ennemis sont plus forts que nos ruses.

Prépare maintenant dans ta sagesse un moyen de salut.

Ne plaise à Dieu que nos ennemis arrivent à leurs fins.

Quand il fera jour, nos ennemis seront sans doute assez avisés pour se diriger vers ce pa-

Le roi demanda à l’instant une cotte de mailles lais. 1) »

De son trésor et deux épées indiennes, un casque roumi, un carquois, des flèches et un bouclier d’or.

Il fit venir un. esclave vaillant et avide de combat et sortit dans le jardin pendant la nuit encore noire, à l’heure où se réveille le corbeau.

Ne trouvant pas dans ce grand jardin ni sous cette masse d’arbres une place dans la prairie où mettre une planche pour s’y asseoir, il suspendit à une branche d’arbre son bouclier d’or, dans un lieu éloigné du passage des hommes, s’assit sur les narcisses et le safran et plaça une lourde épée sous son genou.

Lorsque le soleil lança ses rayons d’en haut, les ennemis acharnés de Khosrou entrèrent au palais et’ fouillèrent tous les coins de ce magnifique édifice ; mais le roi n’y était pas.

Ils livrèrent au pillage ses trésors et aucun d’eux ne pensa à la peine que Khosrou avait euelpour les réunir ; ensuite ils partirent, les yeux pleins de larmes et surpris de tout ce qui arrivait.

Que demander à cette voûte à la rotation rapide, qui ne se repose jamais de son activité ?

Elle donne à l’un la couronne royale, elle livre l’autre aux poissons de la mer ; elle laisse l’un nu de la tête aux pieds, faible, sans repos, sans nourriture, sans lieu où se cacher ; elle donne à boire à l’autre du miel et du lait et le revêt de brocart, de fourrures et de satin ; mais à la fin tous les deux se trouvent sous la terre, dans un lieu sombre et un basfond.

Si l’homme de sens n’était pas né, il n’aurait pas eu de chagrin, de honte ni de lutte ; s’il n’avait rien vu du monde, cela aurait mieux valu, fût-il sujet ou fût-il roi.

Maintenant je vais me donner de la peine pour fournir aux chanteurs une nouvelle histoire sur le sort de Khosrou.

Dernière mise à jour : 7 sept. 2021