Keï Kaous

Guiv découvre Keï Khosrou

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Guiv errait ainsi dans le pays de Touran, comme un insensé, espérant trouver quelque trace du roi.

Sept années se passèrent et ses reins étaient usés u. ïî’i

Par le frottement de l’épée, de la ceinture et des courroies.

Il vivait de la chair des onagres et se vêtait de leurs peaux ; il mangeait des herbes et en guise de vin buvait de mauvaise eau.

Il errait de cette manière dans les déserts et dans les montagnes, épuisé de fatigue et se tenant loin des hommes.

Cependant Afrasiab, qui était rentré dans Gang et s’était emparé de nouveau du Touran, après que Rustem eut ramené son armée sur la rive gauche du Djihoun, avait dit à Piran :

Ô sage !

Amène-moi Keï Khosrou le maudit ; amène-le du Madjin ; rends-le à sa mère, mais coupe-lui de tous côtés le chemin de la fuite. »

Piran avait envoyé sur-le-champ un messager monté sur un dromadaire de course, avait fait amener le fils de Siawusch et avait rendu à sa mère ce jeune homme sage et intelligent.

Quelque temps s’était écoulé depuis, lorsque le vaillant Guiv, en traversant, dans son inquiétude, tout le pays de Touran, se trouva un jour tout pensif devant une forêt magnifique.

Il y entra tristement ; la nature était gaie, mais le cœur de Guiv était navré de douleur.

Il y vit la terre couverte de verdure et un ruisseau rempli d’eau et pensa que c’était un lieu propre au repos et au sommeil.

Il mit pied à terre et laissant errer son cheval, il se coucha, mais son cœur était plein de soucis.

Il se dit :

ces !

Probablement un vil Div qui a apparu au Pehlewan, lorsqu’il a eu ce rêve.

Je ne trouve aucune

trace de Keï Khosrou, pourquoi donc me trainetr rais-je à travers ce pays ?

Mes compagnons d’armes livrent maintenant des batailles et mes amis pas-" sent leur vie dans les fêtes ; les uns recherchent la ce gloire, les autres le plaisir, pendant que le sort me prive de toute joie.

C’est en vain que j’appelle ce Khosrou et que mon esprit se replie sur lui-même R comme un lacel roulé.

Peut-être Khosrou n’a jamais été mis au monde, ou s’il a existé, le sort naura donné sa vie au vent.

Je n’ai recueilli de cette recherche que peine et fatigue.

Heureux celui qui meurt par le poison ! »

Le héros qui était à la recherche du roi parcourait tristement la forêt, lorsqu’il vit de loin une l’ontaine brillante et à côté un jeune homme d’une taille de cyprès et dont la vue calmait l’âme.

Il tenait en main une coupe remplie de vin et portait sur la tête un bouquet de fleurs de toutes couleurs.

Sa taille était empreinte de cette majesté que donne la grâce de Dieu, son visage annonçait l’intelligence d’un sage ; tu aurais dit que c’était Siawusch assis sur son trône d’ivoire et portant sa couronne de corail.

Son visage exhalait un parfum d’amour et ses cheveux embellissaient sa couronne de fleurs.

Guiv dit dans son âme :

de ne peut être que le roi, on ne trouve de pareils traits qu’à ceux à qui appartiennent les trônes. »

Il s’avança à pied et lorsqu’il fut près de lui, les nœuds de la corde qui avaitfcrmé si longtemps 3h.

La porte de ses soucis se relâchèrent et le trésor qu’il avait tant cherché lui apparut.

Quand Keï Khosrou, qui était assis au bord de la source, l’aperçut, il sourit et son cœur bondit de joie.

Il se dit :

de brave ne peut être que Guiv, il n’y a pas dans ce pays d’homme de cette mine.

Il me cherche sans doute et m’emmènera dans l’Iran pour que j’y et règne. »

Lorsque l’illustre Guiv s’approcha, Khosrou, le fils du roi, s’avança vers lui en disant :

Ô Guiv !

Tu es le bienvenu, puisque tu viens par la grâce et par l’ordre de Dieu.

Comment as-tu pu pénétrer dans ce pays ?

Quelles nouvelles as-tu de T hous, de Gouderz et du roi Kaous ?

Sont-ils tous heureux?Pen-sent-ils à Khosrou ?

Comment se porte Rustem, le héros au corps d’éléphant qui ambitionne la possession du monde et le Destan et toute cette famille ? »

Quand Guiv entendit ces paroles, il resta confondu et sa langue prononça le nom de Dieu.

Il dit à Khosrou :

Ô roi qui portes haut la tête !

Le monde a besoin de ton amour.

Je crois que tu es le fils de Siawusch, que tu es Khosrou de la famille des Keïanides.

Dis-moi, ô chef de la race des justes, qui t’a parlé de Gouderz ?

Qui t’a donné connaissance de Keschwad et de Guiv ?

Puissent le bonheur et le pouvoir être ton partage ! »

Keï Khosrou répondit :

Ô homme au cœur de "lion !

Ma mère m’a rapporté ce que lui dit mon 3m père, lorsque, parlant par l’inspiration de Dieu, il déclara ses dernières volontés.

Il dit alors à ma gloce rieuse mère :

Quelque malheur qui me soit réservé, Keï Khosrou naîtra et c’est lui qui délivrera l’Iran de toutes ses chaînes, dans le temps où le fier et vaillant Guiv le maître du monde, après de longues recherches, arrivera dans le pays de Touran et le conduira sur le trône d’Iran et dans l’assemblée des grands et des lions.

Il rétablira alors par sa vaillance la prospérité du monde et me vengera. »

Guiv lui répondit :

Ô cheI des braves !

Quelle marque as-tu de ta haute naissance ?

Siawusch avait au bras un signe bien visible, c’était comme une tache de ce poix dans un parterre de roses.

Découvre ton bras et montre-le-moi, car la marque que tu dois porter est connue de tout le peuple. »

Le roi lui montra son corps nu et Guiv y vit le signe noir héréditaire dans la famille royale depuis Keïkobad et qui était un indice infaillible de la race des Keïanides.

Dès qu’il eut aperçu la marque, il rendit hommage au roi, il versa des larmes et lui dévoila ses secrets.

Le roi de la terre le pressa contre son sein et dans sa joie il le bénit ; ensuite il lui adressa de nouveau des questions sur l’Iran, sur le trône du roi, sur Gouderz et sur Rustem avide de combats.

Guiv lui répondit :

Ô Keïanide maître du a monde, portant haut la tête, prudent, bienheureux, roi de la terre, connaissant la bonne et la mauvaise fortune !

Si tu m’avais donné le paradis entier elles sept zones de la terre avec l’empire du monde, si tu m’avais donné le pouvoir et la couronne des Keïanides, mon cœur n’en serait pas aussi joyeux que de t’avoir trouvé dans le pays de Touran.

Qui peut savoir dans l’Iran si je suis en vie, ou sous terre, ou jeté dans le feu, ou si j’ai vu Siawusch vivant et l’ai interrogé sur ses peines et sur ses dou-leurs ?

Grâces soient rendues à Dieu de ce que mon étoile a fait aboutir mes grandes fatigues à la joie et au bonheur ! »

Ensuite ils sortirent tous deux de la forêt et pendant la route Khosrou s’entretint avec Guiv du roi Kaous, il le questionna sur les soucis et les peines qu’il avait endurés depuis sept ans et voulut savoir comment il s’était couché, comment il avait dormi et s’était nourri.

Guiv lui raconta tous les événements que Dieu avait fait naître, le songe de Gouderz, ses longues fatigues, la manière dont il s’était nourri et vêtu. ses peines, ses délassements et ses plaisirs ; comment Kaous, brisé par l’âge, s’était affaibli de corps et d’esprit par la douleur que lui causait la mort de son fils et comment le pays d’Iran avait perdu sa prospérité et n’était plus qu’un désert.

La peine que le récit des souffrances de Guiv fità Khosrou consumait son cœur et ses joues brûlaient comme du feu lorsqu’il lui dit :

Puisse le sort te donner maintenant du repos et du bonheur après ces longues fatigues !

Sois un père pour moi, ne parlait personne et observe la tournure que prendra la fortune . »

Dernière mise à jour : 7 sept. 2021