Hormuzd

Bahram a une vision de la fortune qui l'attend

Cette page peut présenter des erreurs qui seront bientôt corrigées. Merci pour votre compréhension.
...

Ainsi se passèrent deux semaines ; le Sipehhed sortit alors de son palais dans la campagne et arriva auprès d’un bois plein d’arbres, qui invitait les hommes heureux à boire du vin.

Il aperçut sur la prairie un onagre qui était le plus beau qu’on eût jamais vu.

Bahram le suivit doucement et sans échaufn.

Fer son cheval.

Dans la forêt et à l’endroit le plus propre à la chasse, se présentait un défilé étroit ; lorsque l’onagre l’eut franchi, apparut une plaine parsemée de jardins et de terres incultes.

Bahram chevauchait, l’onagre courait, l’homme et son destrier étaient noyés dans la sueur.

Bahram, jetant un regard sur cette plaine, vit apparaître un magnifique château, vers lequel il se dirigea, de même que l’onagre qui courait devant lui et cherchait son chemin.

Il poussa son cheval jusque devant le château, suivi par Ized Guschasp, à qui il remit les rênes de son destrier ardent. en disant :

Puisse la prudence être toujours ta compagne ! »

Ensuite le Sipehhed entra à pied sous le portail du château, sans avoir de guide.

Ized Guschasp attendit pendant quelque temps, tenant le noble cheval du Sipehhed.

Yelan Sineh, qui les avait suivis, arriva tout armé et monté sur un cheval ardent et le vaillant Ized Guschasp lui dit :

Entre dans le château, ô vaillant lion !

Et regarde où est allé notre chef, le Sipehdar, notre illustre maître. »

Yelan Sineh explora le jardin, cherchant son chef et le cœur rempli d’inquiétude.

Il vil un palais plus beau que tout ce qu’il avait vu ou dont il avait entendu parler dans l’Iran ; dans une partie du palais, il aperçut une salle voûtée dont son œil ne pouvait atteindre la hauteur ; dans cette salle était placé un trône or, incrusté dans toutes ses parties de perles et de pierreries.

Un drap de brocart roumi, brodé de figures en pierres fines et en or pur, couvrait le trône sur lequel était assise une femme portant une couronne, svelte comme un cyprès et belle comme le printemps.

Devant le trône était un siège en or, sur lequel était placé le Pehlewan de l’armée et tout autour du trône se tenaient de nombreux esclaves, des idoles au visage de Péri, sur lesquels veillait la fortune.

Bahram et la femme se dirent en secret bien des choses que personne n’entendait qu’eux deux.

Lorsque la femme aperçut Yelan Sineh, elle dit à un esclave :

Mon bel ami, va vite dire à cet homme ce au cœurde lion qu’il n’a pas le droit d’entrer ici ; qu’il aille rejoindre ses camarades ; son maître va partir, qu’il le précède. »

En même temps elle envoya du palais des serviteurs auprès de l’escorte de Bahram, avec l’ordre de conduire les chevaux de ces hommes vaillants à l’écurie et d’avoir soin des couvertures et des selles.

Le jardinier ouvrit la porte du jardin, sur l’ordre de cette belle hôtesse ; un prêtre de Dieu le tout-puissant entra dans le jardin, priant silencieusement et tenant le Barsom en main.

On plaça des ta- .bles tout autour du jardin et l’on fit venir des mets plus nombreux qu’on ne peut l’imaginer.

Lorsque le (liner lut terminé, on amena en courant les chevaux de ces hommes qui portaient haut la tète, à l’endroit où se trouvait le drapeau et Bahram dit en parlant .IIG.

à cette femme :

Puisse Jupiter être le compagnon de ta couronne,-n et la femme répondit :

n Puisses-tu être victorieux, puisse ton cœur rester patient, puisses-tu toujours suivre les conseils de la prodence ! »

’ On aurait dit que les yeux de Bahram versaient une pluie de sang lorsqu’il sortit de ce jardin ; son humeur était changée, il parlait et répondait autrement ; il était comme s’il élevait la tête jusqu’au ciel. [d’onagre mâle revint alors, le Sipehhed le suivit à cheval et se laissa guider par lui jusqu’à ce qu’il fût sorti de cette forêt.

Il se rendit du lieu de chasse à la ville et ne parla à personne de son escorte de ce qui s’était passé.

Kharrad Berzin le regarda et lui dit :

Ô homme puissant et véridique !

Quelle est cette merveille que tu as vue à la chasse et qui dépasse tout ce qu’on a jamais vu et entendu ? »

Mais le Pehlewan Bahram ne lui donna aucune réponse ; il était devenu sombre et il se dirigea vers son palais.

Dernière mise à jour : 7 sept. 2021