Bahram Gour

Bahram va à la chasse et tue des lions

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Bahram Gour ordonna a ses esclaves de porter son trône dans le jardin printanier ; ils y portèrent. selon son ordre, le trône de turquoises et le placè-rent sous un arbre qui versait des lieurs ; on y mit du vin et des coupes et les musiciens se rendirent au. jardin avec les grands de la cour.

Le roi dit à ses confidents :

Puisse ce jour être un jour de bonheur pour les hommes !

Nous serons assez seuls dans le tombeau, si haut que nous soyons placés ; la mort efface les mm sur les rôles, elle fait tomber les palais et les salles d’audience et quiconque meurt, roi ou pauvre, ne peut emporter que ’sa bonne renommée.

Toute la peine qu’il s’est donnée est en ra i pure perle et disparaît avec lui a sa mort et s’il reste de lui des louanges dans le monde, c’est tout, car sa couronne et ses joyaux sont à d’autres. l] faut que’ tu ne fasses du mal à personne et que tu aies de la droiture, pour que les jouissances de ce monde ne fassent pas tort à (on âme.

J’ai a présent trente-huit ans et j’ai passé bien des jours dans la joie ; mais quand un jeune homme atteint quarante trans, le chagrin du jour de la mort lui entre dans l’âme.

Quand un seul cheveu de la tête blanchit, il faut renoncer à l’espoir de la joie ; quand le musc blanchit, c’est qu’il est gâté et la couronne est mal posée sur des cheveuæ blancs comme le camphre.

Je jouirai encore deux ans des fêtes et des jeux, mais aussitôt que ma force sera un peu brisée, je me présenterai devant Dieu, je mettrai un vêtement de feutre et ne serai pas ingrat pour ce qu’il a fait punir moi, car j’ai passé dans le plaisir bien des jours, j’ai eu ma part de la couronne du pouvoir.

Maintenant qu’on apporte des fleurs, des grenades, des pommes et des coings et que les coupes d’or a ne restent pas vides de vin.

Quand je verrai la joue de la pomme se colorer comme le grenat,quand le ciel sera taché de nuages comme la peau du léopard, quand la camomille sera chargée de graines et ré. pandra son parfum, quand le vin sera rouge comme la joue de l’échanson, quand l’air sera tempéré. ni chaud ni froid, la terre fraîche et les eaux bleues, quand nous aurons mis en automne nos robes de fourrure, il faudra aller chasser du côté de Djez.

Nous aurons une chasse dans ces plaines qui laissera un sOuvenir dans le monde.

Alors les onagres auront le cou fort, le cœur du lion mâle et la cou-leur du tigre.

Nous amènerons sur cette longue route les "chiens, les guépards, les faucons, les gerfauts et les laniers, car c’est là le lieu pour les onagres, pour les arcs et les flèches et nous ne cesserons un instant de lance ; nos chevaux.

Dans la plaine que j’ai vue au-dessous de Djez, où les tamarises croissent hauts comme les roseaux des lances, nous trouverons des lions et ce sera une grande chasse si nous y restons longtemps. »

Il attendit jusqu’à l’arrivée des nuages d’août ; le monde se remplit alors d’hommes armés, de toutes les provinces une foule avide de cmnbatsvse dirigea vers le roi d’Iran.

Bahram choisit les plus fiers et les plus experts dans la chasse et emmena sur le lieu des chasses ce cortège de dix mille cavaliers prêts à frapper de l’épée.

Autour de l’enceinte des tentes du roi étaient les tentes, les écuries et les chevaux.

Les gens de service avaient précédé le cortège et avaient partout creusé des puits, qu’on munit de roues, pour que cette masse d’hommes trouvât sa ration d’eau.

Après le cortège arriva le roi avec ses amis inlimessur le lieu de la chasse.

Il vit toute la plaine remplie d’onagres, tous les hais pleins des

Rugissements des lions et dit :

Cette nuit ce sera une chasse au vin, car il y a bien des traces de lions sur le sol et demain je dois les suivre ; mais aujourd’hui il faut nous reposer gaiement et en bonne santé.

Nous allons boire jusqu’à l’aube du jour et quand la couronne du soleil qui éclaire le monde brillera, nous abattrons d’abord les lions avec l’épée, nous abattrons ces vaillants dragons et quand ces bois seront débarrassés des lions, les onagres seront à moi.

Il resta là cette nuit et le lendemain matin il se dirigea vers la forêt avec son cortège ; aussitôt qu’il vit sortir du bois un lion, qui était plein de courage, car il s’était rassasié d’onagres, le vaillant Bahram dit à ses amis :

J’ai un arc et des flèches et sais m’en servir, mais j’attaquerai le lion avec l’épée pour qu’on ne m’appelle pas poltron. »

Il revêtit une tunique de laine qu’on avait mouillée et monta sur un cheval de bataille ; lorsque le lion vit ce dragon, il se dressa sur ses pieds de derrière et frappa d’en hauïavec les pieds de devant ; il voulait frapper le cheva a la tête, mais le chasseur poussa son destrier avec le talon et asséna au lion sur la tête un coup de son épée tranchante et la femelle du lion s’enfuit rapidement.

L’épée traversa le lion de la tête jusqu’aux reins et remplit de terreur le cœur des lions mâles.

Un autre lion rugissant s’avança bravement avec sa lionne, qui avait sous elle un petit qu’elle nourrissait.

Le roi le frappa de son épée sur la nuque et fit voler’sa tête loin du corps.

Quelqu’un lui dit :

Ô roi au visage de soleil !

Tu n’as pas pitié de toinième.

Toute la forêt est remplie de lions avec leurs lionceaux que les mères -allaitent.

Il faut prendre garde à ce moment aux lionnes, car c’est en automne qu’elles ont des petits.

Cette forêt a une profondeur de trois farsangs et si tu mettais toute une année à prendre des lions, le monde n’en’serait pourtant pas délivré ; pourquoi donc te donnerais-tu tant de mal ?

Lorsque tu as pris possession du trône, tu as recherché le combat des lions, comme c’était convenu ; mais aujourd’hui 4 tu es roi et le monde t’appartient ; tu es venu pour les onagres, pourquoi chasses-tu les lions ? »

Le roi répondit :

Ô vieillard intelligent ! à demain matin, moi, les onagres et les flèches !

Les fiers cavaliers des temps anciens ne se faisaient pas un nom avec l’arc et la flèche ; si nous voulons nous acquitter de notre devoir de bravoure, nous ne parlons que de massues et d’épées. »

Le Mobed lui dit :

Si tu allais à la bataille avec dix cavaliers comme toi, il n’y aurait plus ni trône ni couronne en Chine et dans le Roum et les hommes prudents se réfugieraient sur la mer avec ce qu’ils possèdent.

Que le mauvais œil reste loin de ta gloire !

Que ta demeure soit dans le jardin de roses des fêtes En Le roi s’en retourna de la forêt à l’enceinte de ses

Tentes, avec le Grand Mobed et les l’ehlewans de l’armée.

Tout le cortège appela sur lui des bénédictions, disant :

Puissent le diadème et le sceau n’être jamais sans toi ! »

Il se rendit à sa tente aussitôt que le cortège fut parti et essuya la sueur de ses bras et de ses mains.

Il avait pour majordome un commandant des frontières, qui avait fait débarrasser des ronces les alentours de la tente neuve ; il fit apporter du camphre, du musc et de l’eau de rose et répandit du musc dans le lieu où le roi couchait.

Il fit placer dans toutes les tentes des tables d’or, qu’on garnit de vaisselle et de vases de Chine.

Le A chef des cuisiniers les couvrit d’agneaux et de mets qu’on servait ensemble.

Le dîner terminé, le roi Bahram Gour fit apporter une grande coupe en cristal par un échanson au visage de Péri, qui la plaça dans la main du roi, distributeur de la justice.

Ensuite, il dit :

Ce roi Ardeschir, dont la fortune rajeunissait les vieillards, était le chef de notre maison et nous sommes inférieurs à lui, si même il nous est permis de nous nommer ainsi.

Dans les combats et dans les fêtes, dans le conseil et à table, lui seul pouvait être appelé le maître du monde, dans le temps où Iskender était venu du Roum dans l’Iran et où ce pays était devenu un’ désert ; mais il était dur et sans générosité, car il a mis à mort trentesix rois et la bouche des rois est encore pleine de malédicv tiens sur lui ; le monde entier lui en veut encore.

On n’a pour Feridoun que des bénédictions et lui est maudit par ceux qui le haïssent.

Puisse-t-il n’y avoir dans le monde que du bonheur répandu par moi sur les grands et les petits le Il reprit :

Amenez-moi un héraut avec une belle voix, un des chefs des guerriers illustres, qui fasse le tour du camp et proclame partout" : Si quelqu’un prend sans y avoir droit, dans le pays de Barkouh et de Djez, soit des joyaux, de l’or, du brocart ou des fourrures, soit autre chose, même des broutilles sans valeur, je le ferai placer sur un cheval, le visage noirci et le ferai emmener d’ici par deux hommes armés ; on lui liera les pieds sous le cheval et je l’enverrai au temple d’Aderguschasp, ou il fera ses prières, dans la poussière, devant le feu et ses adorations devant Dieu, le tout saint et je donnerai . ce qu’il possède à celui qu’il a dépouillé et violenté.

Ou si quelqu’un met un cheval dans un champ ensemencé, ou fait du dégât dans un jardin fruitier, il ne sortira pas de prison avant un an, que ce soit un noble cavalier ou un pauvre.

Il est important pour nous que cette plaine nous fournisse le plus possible et que nous n’ayons pas à nous adresser à la ville. »

Les marchands de la ville et la moitié des babitants de Djez et de Barkouh accoururent et le désert, du côté où était le camp du roi, devint comme un bazar chinois, par l’qfiluence des marchandises.

Dernière mise à jour : 7 sept. 2021