Yezdeguerd le méchant

Bahram se rend à Djehrem

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Mondhir et Bahram s’assirent avec un conseiller et se parlèrent sans autres assistants.

Mondhir choisit trente mille Arabes, tous armés de lances et propres au combat.

Il les enrichit avec de l’or, il remplit la tête de ces hommes illustres du vent de la vanité.

Lorsqu’on en reçut la nouvelle dans l’Iran, Djouanouï revint auprès des vaillants chefi du pays.

Les grands furent soucieux de cette affaire, ils se. rendirent auprès du feu sacré de Berzin ; ils deman- J7.

Dèreut à Dieu la grâce de convertir la lutte en joie et en fêtes.

Quand Mondhir fut arrivé près de Djehrem, ayant conduit son armée à travers cette plaine sans eau, le roi Bahram lit dresser l’enceinte de ses tentes et son armée l’entoura de tous les côtés.

Il dit à Mondhir :

Ô homme de bon conseil, tuas marché du pays de Yémen jusqu’à Djehrem ; maintenant que les deux armées vont être en présence, combattrons-nous ou négocierons-nous ? »

Mondhir répondit :

Appelle les grands ; quand et ils seront venus, fais dresser la table.

Écoute leurs paroles et si quelqu’un parle en colère, ne te fâche pas.

Nous tâcherons de savoir leurs pensées secrètes et qui ils veulent nommer roi du monde.

Quand nous le saurons, nous prendrons nos mesures ; si la .chose est aisée, nous ne montrerons

, pas de haine.

Mais si leur haine préfère la guerre, ce s’ils se remuent et dévoilent leur nature de léopards. je ferai de cette plaine de Djehrem une mer de sang, je convertirai le soleil en pléiades.

Je crois qu’en voyant tes traits, ta haute taille, ta bienveillance, ton intelligence, ta sagesse, ton instruction, ta patience, ton savoir et ta gravité, ils n’en appelleront pas un autre à régner, car tu es maître de la couronne et un ornement pourla fortune.

Mais s’ils s’égaraient et voulaient t’eulever le trône, moi et ces cavaliers et leurs épées tranchantes nous bouleverserons le monde et tu : verras mes sour-

YEZDEGjUERD. [. cils froncés.

Que mon corps et mon âme soient ta rançon !

Quand ils verront mon armée innombrable, ma’ manière d’être, mes habitudes et la voie que je suis, quand ils comprendront que verser du sang est notre occupation, quand ils penseront à Dieu le juste, qui est notre soutien, ils n’appelleront roi personne que toi, qui es le maître légitime de la couronne et digne du trône. »

Le roi sourit en écoutant ces paroles de Mondhir, etson cœurs’épanouit - de bonheur.

Lorsque lesoleileutlevé la tête au-dessus de la crête des montagnes, la foule des nobles et des grands de l’Iran se prépara à aller à la rencontre de Bahram et elle forma une assemblée pleine de sa-’ gesse.

Cependant on avait placé pour Bahram un ’ trône d’ivoire ; il mit sur sa tête la couronnemagnitique et ordonna la réception selon le cérémonial impérial, car il était le maître du monde.

Mondhir se plaça d’un côté de lui et de l’autre Noman, une épée à la main et tout autout de l’enceinte des tentes royales il n’y avait sur pied que les chefs des Arabes.

Ceux parmi les Iraniens qui étaient bien intentionnés se présentèrent au portique de l’enceinte des tentes.

Bahram ordonna de relever le rideau et qu’on les fît entrer en les annonçant à haute voix ; ils arrivèrent auprès du roi Bahram et virent une couronne et un trône splendides.

Ils s’écrièrent :

Puisses-tu être heureux !

Puisse la main du malheur rester toujours loin de toi le bi Le roi des rois leur adressa les questions d’usage. les reçut gracieusement’et les fit placer selon leur rang ; puis il leur dit :

Ô grands de l’Iran, vous qui connaissez le monde, vous qui êtes des vieillards et des chefs !

La royauté est à moi par succession de père en fils, comment se fait-il qu’il dépende maintenant de vous d’en disposer ? »

Les Iraniens répondirent d’une seule voix :

Ne nous maintiens pas dans notre malheur.

Nous sommes unanimes à ne pas vouloir de toi comme roi ; le pays est à nous, quoique tu aies une armée.

Ta famille nous a couverts de plaies, nous a infligé des angoisses et des douleurs et nous avons passé les jours et les nuits à nous tordre et à soupirer. »

Il répondit :

C’est bien.

Le désir est le roi du cœur de chac cun ; mais si vous ne voulez pas de moi, pourquoi mettez-vous quelqu’un à ma place sans me com" sulter ? »

Un Mobed répondit :

Ni un sujet ’ui un fils de roi ne doit se soustraire à ce qui est juste.

Sois donc un des nôtres et asile-nous à choisir un roi que tous puissent recevoir avec des bénédic-

Il se passa ainsi un espace de trois jours, pentions. »

A dant lequel ils cherchaient à trouver un roi dans l’Iran.

À la [in ils écrivirent les noms de cent hommes illustres qui pouvaient faire brillerla couronne, le trône et la ceinture royale.

Un de ces cent noms était celui de Bahram, qui était un prince qui A charmait les cœurs.

Ils réduisirent les cent à cirriquante, ce qu’ils firent avec beaucoup de précautions et le désir de réussir.

Bahram était encore le premier des cinquante et s’il demandait la place de son père, il ne demandait que son droit.

De ces cinquante noms ils en écrivirent de nouveau trente, des élus de l’Iran, glorieuxet prospères et parmi ces trente Bahram fut de nouveau le premier, car il était possesseur de la couronne et un vaillant prince.

Les Mobeds réduisirent ces trente à quatre et Bahram en était encore le chef. -Lorsqu’on approchait ainsi de l’élection du roi, tous les vieillards parmi les Iraniens dirent :

Nous ne voulons pas de Bahram, qui est brave, mais léger de tête et volontaire», Il s’éleva un grand bruit parmi. les chefs et tous les cœurs s’enflammerent.

Alors Mondhir dit aux Iraniens :

Je voudrais savoir de quoi il s’agit et comment ce prince si jeune et si brave a pu vous remplir d’inquiétudes et blesser votre âme. »

Les grands étaient préparés à une réponse ; ils appelèrent un grand nombre d’I-o ranisns malheureux, car ils avaient réuni du pays entier sur cette plaine tous ceux que Yezdeguerd avait mutilés.

Aux uns on avait coupé les deux mains et les deux pieds ; d’autres étaient sans pieds, mais avaient encercleurs mains ; à d’autres on avait coupé les deux mains, les deux oreilles et la langue : c’étaient comme des corps sans âme ; à d’autres on

[ avait enlevé les deux épaules.

Noman resta confondu à la vue de ces estropiés.

On avait arraché à un autre les deux yeux avec un clou ; et Mondhir, à cet aspect, se mit en colère.

Bahram fut fort affligé de tout cela et il dit, en s’adressant à la poussière de son père :

Ô malheureux !

Si tu avais voulu te contenler de ne pas me laisser jouir de la vie ; mais pourquoi brûler mon âme dans le feu de secreproches ? »

L’ambitieux Mondhir lui dit :

Tu ne peux pas leur cacher ces méfaits ; tu as entendu leurs paroles, réponds-leur ; il ne faut pas qu’un roi reste indécis. »

Dernière mise à jour : 7 sept. 2021