Kesra Nouschirwan

Le Kaïsar de Roum demande la paix à Nouschirwan

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Ensuite Farfourius apporta à Roum des nouvelles et raconta le sort de Kalinius ; il dit au Kaïsar :

L’armée de Kesra, le maître du monde, amenant des éléphants et son trône, est arrivée ; c’est une armée telle que la me ; et les montagnes en sont effrayées. »

Le Kaïsar trembla au souvenir des paroles qu’il avait écrites et rassembla les grands les plus sages ; Nouschirwan remplissait son cœur de terreur et il tint conseil pendant un jour et trois veilles de la nuit.

Un Mobed lui dit :

Ceci n’est pas prudent ; tu ne peux résister à Kesra ; on détruira ce beau pays et tout ce que les Kaïsars ont fait disparaîtra.

La voix de l’homme qui te parle et sa faible raison ne sont occupées que des dangers de cet empires»

Le Kaïsar l’écouta ; son cœur se troublait, son intelligence s’obscurcissait quand il pensait à Nouschirwan.

Il choisit parmi les philosophes roumis un homme éloquent, savant et d’un caractère pur ; et soixante Mobeds, dont ’âme et l’intelligence étaient libres de la poussière des passions, s’oErirent del’accompagner.

Il envoya le messager auprès du roi;les grands se mirent en route ayant à leur tête le savant Mihras, un vaillant homme, vieux de raison et jeune d’années ; il était précédé par des trésors de toute espèce dont le nombre dépassait toute idée. !

Le roi, honteux de ses messages antérieurs. envoya bien des excuses, des conseils et de bonnes paroles, de grandes offrandes et un tribut, et, comme otages, des membres de sa famille et de hauts personnages.

À ces paroles du Kaïsar, Mihras comprit qu’il avaitlaclefpourdéfairecetenchalnementdemalheurs.

Ils arrivèrent auprès de Nouschirwan, la langue et l’esprit acérés comme le diamant ; Vlihras se présenta devant le roi et le salua en langue roumie ; la netteté et la droiture de son langage étaient telles. qu’on aurait dit qu’il tirait des astres des manches de sa robe ; il dit à Kesra :

Ô roil le monde ne vaut pas ce que tu l’estimes.

Tu es maintenant dans le Roum et l’Iran est vide, le pays entier est sans valeur et sans gloire, de même que le pays de Roum ne vaut pas une mouche quand le Kaïsar n’y est pas.

Tous les biens sont le produit des hommes et si le nombre des hommes diminue, les biens diminuent.

Si toute cette commotion a pour raison un désir de richesses qui est plus fort que le désir de la paix et la raison, je t’apporte ici tous les trésors du Roum, car une âme sereine vaut mieux que des trésors et des pays. »

Le roi, à ces paroles, devint gai comme un jardin ’printanier ; il accepta de Mihras tout ce qu’il apportait, les caisses remplies d’or et les esclaves ; il couvrit de louanges les messagers, il exalta toutes ces belles choses et dit à Mihras :

Ô homme à l’intelligence brillante !

N’as-tu amené personne qui pourrait nous enseigner à bien parler ?

Si toute la terre dans le Roum devenait de l’or, tu vaudrais mieux que ce noble pays. »

Ils fixèrent alors le tribut du Roum à dix peaux de bœufs remplies de pièces d’or, que le Kaïsar enverrait tous les ans au roi avec des présents et des offrandes et ils convinrent que son armée n’approcherait pas du Yémen et qu’il ne demanderait rien à ce peuple.

On donna à l’envoyé une robe d’honneur et l’on fit venir pour lui un diadème, un anneau et une ceinture.

On entendit ensuite sonner les trompettes et les timbales d’airain ; le vigilant maître du monde emmena son armée,.alla en Syrie et y resta pendant quelque temps.

Il amena tantd’armes et de troupes. tant de caisses d’or, d’esclaves, de trônes et de couronnes, que ses éléphants et les trésors d’argent. qu’ils portaient. faisaient fléchir le dos de la terre.

Lorsqu’il se décida à quitter cette frontière, il en confia le commandement à Schiroui fils de Bahram et lui dit :

Demande dorénavant au Kaïsar ce tribut et ne souffre pas qu’il le retarde d’un mois ou d’un jour. »

Schiroui baisa la terre et bénitle roi, disant :

Puisses-tu être victorieux, puisse ta fortune être toujours éveillée et cet arbre des Keïanides ne jamais jaunir ! »

On entendit les tambours sous la porte du roi et il partit pour l’Arménie avec les drapeaux et l’armée.

Dernière mise à jour : 7 sept. 2021