Keï Khosrou

Bataille rangée entre les deux armées

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Lorsque le soleil étendit sur la lem le brocart jaune de sa lumière, les flots d’hommes qui couvraient le champ de bataille s’émurent ; on entendit les cris de guerre des deux armées et la terre trembla sous les sabots des chevaux.

Les deux armées s’avancèrent en masse, KEt KHosnoU et les cuirasses couvrirent la plaine et la montagne ; les chefs des deux partis, semblables à des léopards, menèrent leurs troupes au combat et l’on vit pleut voir des flèches sur le champ de bataille, comme une pluie qui tombe d’un nuage sombre.

Un brouillard noir pesait sur le monde comme une nuit de poix ; quel nuage que celui qui verse une pluie de javelots et de coups d’épée !

La terre était convertie en fer par les sabots des chevaux ; la poitrine et les mains des héros étaient teintes de sang comme des rubis.

Le champ de bataille était tellement jonché de morts dont les têtes étaient tranchées et les corps étendus par terre, qu’il ne restait plus de place pour passer et que les pieds des chevaux ne pouvaient plus avancer.

La terre était couleur de tulipe, l’air couleur d’indigo ; une mer de sang formait des vagues et les chefs des deux armées se dirent :

Si l’on ne sépare pas ces héros sur ce champ de la vengeance, il ne restera plus, quand la nuit sombre "sera venue, que le ciel qui tourne et Dieu le maître du monde. »

Lorsque Piran vit le champ de bataille en cet état, il commanda à Lehhak et à F erschidwerd de réunir toutes les troupes qui leur restaient, tous les cavaliers qui étaient encore capables de manier les armes et de les distribuer en trois corps pour rétablir le combat ; il leur commanda de confier l’arrière-garde aux plus prudents, à ceux qui étaient le mieux en état de défendre l’armée contre l’ennemi, pendant qu’eux-mêmes s’avanceraient sur les deux flancs, Lehhak avec son corps tout entier du côté de la montagne et Ferschidwerd du côté du fleuve, où il devait faire monter la poussière jusqu’au-dessus du soleil.

Les deux grands du Touran se mirent en marche avec leurs troupes avides de vengeance ; mais aussitôt la sentinelle des Iraniens envoya de sa tour un messager au Pehlewan.

Gouderz, le chef de l’armée, était en personne avec ses troupes et observait tous les mouvements de l’ennemi ; et lorsque Lehhak et Ferschidwerd firent lever des deux côtés la poussière sur la route par où ils venaient le surprendre, les cavaliers iraniens se jetèrent sur eux et mêlèrent le sang avec la poussière.

De toutes parts arrivèrent des messagers pour porter des nouvelles au Pehlewan.

Gouderz regarda qui d’entre les vaillants héros se trouvait autour de lui et vit que son noble fils, Hedjir le lion terrible, se tenait derrière lui, armé de l’arc et de l’épée.

Il lui ordonna de se rendre à l’arrière-garde auprès de Guiv fils de Gouderz, l’asile de l’armée et de lui dire d’envoyer deux corps d’armée au secours des troupes qui tenaient les bords du fleuve et la montagne ; il lui ordonna d’ajouter qu’il fallait choisir un vaillant héros pour commander l’arrière-garde, lui remettre le commandement et venir lui-même auprès de Gouderz.

Aussitôt que le prudent Hedjir, qui était armé pour le combat, eut entendu ces paroles de son noble père, il courut vers son frère et lui rapporta les paroles du Pehlewan.

Guiv bondit à cette nouvelle ; il examina tous les guerriers illustres de l’armée et son choix tomba sur Ferhad ; il l’appela auprès de lui et lui confia toutes ses troupes.

Ensuite, il ordonna à Zengueh fils de Schaweran de prendre avec lui deux cents braves pleins d’expérience, d’attaquer Ferschidwerd et de faire lever la poussière de la montagne et l’écume de la rivière.

Il confia en toute hâte deux cents héros et un drapeau à Gourguin fils de Milad et lui dit :

Secoue la bride, apprète les massues et les lances au fer luisant.

C’est le moment d’observer l’ennemi et de paraître sur le champ de bataille ; dirige-toi vers Lehhak, ô toi qui cherches le renom et verse par torrents le sang de nos ennemis. »

Ensuite Guiv le cavalier au visage de soleil et plein de fierté se rendit auprès de son père, qui lui dit :

Ô mon vaillant fils, ô Sipehdar de l’Iran, ô mon Destour, qui est-ce qui brisera la force de leur armée et abattra le courage de leurs Pehlewans ?

Voici le moment où ta bravoure de lion te servira et où il faut que tu engages le combat avec l’ennemi.

C’est sur toi que repose l’espoir de l’armée de l’Iran ; montre donc ta valeur sur ce champ de bataille.

Ne crains pas les Touraniens et réjouis-toi , car le jour de la bataille et de la vengeance est arrivé.

Avance-toi contre le centre de leur armée et combats Piran qui s’y tient : car toute la force de l’armée du Touran réside en lui ; et dès qu’il t’apercevra, sa peau se fendra de terreur.

Si tu parviens à le vaincre. tout est fini : Dieu et la bonne étoile te favoriseront ; notre armée pourra se reposer de ses fatigues et de ses dangers ; le roi maître du monde se réjouira ; tu obtiendras de grands trésors et tout ce que tu peux désirer et la fortune ne ce : -sera plus de prospérer ; le dos d’Afrasiab sera brisé, son cœur sera gonflé de sang, ses deux yeux verseront des larmes. »

Ainsi parla le Pehlewan à son fils ; et le fils, ceint pour le combat, lança à l’instant son cheval de bataille et partit semblable à Aderguschasp.

Il fit appeler tous les cavaliers de l’aile droite et de l’aile gauche : Gourazeh et Gustehem, le Sipehdar Hedjir et Bijen accoururent.

Les héros se dirigèrent sur le centre de l’armée du Touran, semblables à des lions en un jour de chasse et assis sur des chevaux aux pieds de vent et tendant le cou ; ils se jetèrent au milieu de l’armée et assouvirent leur vengeance ; et les Touraniens qui couvraient la plaine, assis sur des chevaux bardés de fer, furent dispersés au premier choc.

Que d’hommes foulés aux pieds des chevaux, dont la cuirasse fut le linceul et la gueule du lion le tombeau !

Dernière mise à jour : 26 sept. 2021