Hormuzd

Bahram Djoubineh a un songe et dispose son armée

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Bahram était resté seul dans sa tente ; il fit appe-ler les Iraniens et discuta avec son armée le plan de la bataille, jusqu’à ce que le monde fût couvert de ténèbres.

Les Turcs et les Perses se couchèrent et ceux qui ambitionnaient la conquête du monde l’oublièrent.

Bahram dormait dans sa tente, agité par ses inquiétudes.

Ce lion eut un rêve, dans lequel les Turcs le combattaient bravement, toute son armée était battue, la route pour revenir à la cour était coupée ; il implorait les héros de l’aider, il était à pied et personne ne le soutenait.

Il se réveilla et devint soucieux de ce songe et sa tête vaillante se remplit de terreurs.

Toute la nuit il fut obsédé de soucis et de chagrins, puis il s’habilla et ne parla à personne de son rêve.

Dans ce moment Kharrad Beniu arriva, s’étant enfui de chez Saweh ; il dit à Bahram :

Comment peux-tu être si confiant ?

Regarde donc ce piège d'Ahriman.

Ne livre pas au vent les têtes des Iraniens, aie de justes égards pour ces hommes illuscrtres.

Je le conjure par ta bravoure, aie pitié de la vie car tu n’as jamais en une pareille besogne de-

vaut toi. »

Bahram lui dit :

Dans ton pays, tu n’as pu apprendre plus de bravoure que cela : , ils vendent tous du poisson, depuis l’été jusqu’à la saison des frimas.

Ton métier est de dresser (la pièges, ta demeure est auprès des bassins d’eau, tu n’es pas un hommeà lances, à massues et à flèches.

Aussitôt que le soleil montrera sa tête au-dessus des montagnes sombres, je te ferai voir comment se battent les rois et les armées. »

Lorsque le soleil se fut levé dans le signe du Lion et que le monde fut blanc comme le visage d’une Roumie, on sonna des trompettes d’airain ; il se lit un grand bruit ; le monde fut ébranlé par les sabots des chevaux et Bahram mit en ordre ses troupes et monta à cheval, une massue, qui avait vu bien des combats, en main.

On compta à l’aile droite trois mille cavaliers, couverts de cottes de mailles, des hommes éprouvés.

Bahram envoya le même nombre de vaillants cavaliers et d’hommes de guerre à l’aile gauche.

Il avait à sa droite Ized Guschasp, qui traversait les fleuves à cheval ; à sa gauche était Kunda Guschasp, un adorateur d’Aderguschasp ; à l’arrière-garde Yelan Sineh, avec une treupe qui ne devait entrer que tard dans la mêlée ; au centre était Hamdan Guschasp, dont le cheval aurait pu embraser les roseaux avec les fers de ses sabots ; chacun avait sous lui trois mille héros, des cavaliers vaillants, au cœur de pierre.

On fit devant l’armée cette proclamation :

Ô vous armés de lances et de casques d’or !

Quiconque de cette armée s’enfuira du combat, quand même il n aurait devant lui un lion ou un léopard, je jure par Dieu que je lui trancherai la tête et consumerai dans le feu son corps sans valeur. »

Il y avait deux routes qui conduisaient à son camp, par lesquelles on pouvait s’enfuir facilement ; il fit élever sur ces deux routes une barricade de terre, haute de dix empans, puis il se rendit au milieu de ses troupes.

Le Grand Scribe du roi des rois s’approcha du Pehlewan de l’armée et lui dit :

Tu n’es pas assez fort pour cela et si tu veux calculer, tu verras que ce n’est pas sensé.

Regarde donc les armées sur ce champ de bataille, nous ne sommes que comme un poil blanc sur la robe d’un bœuf noir.

L’Iran deviendra dans cette guerre comme un enfer et tout notre paysyse changera en désert.

On ne voit ni la terre, ni l’eau, ni la montagne, tant il ya de Touraniens armés d’épées. »

Bahram poussa des cris violents et lui dit :

Ô homme lâche et d’une triste fortune !

Ton affaire, c’est l’eucrier et le papier.

Qui, dans cette armée. ce t’a dit de compter les hommes ? »

Le scribe s’approcha de Kharrad Benin et lui dit :

Bahram n’est qu’un compagnon du Div. »

Les deux vieillards cher-A obèrent un chemin pour s’enfuir et pour échapper à la destruction ; les deux scribes se mordaient les lèvres de peur d’un côté du roi des rois, de l’autre de la pluie de flèches.

Or il y avait une hanteur escarpée, loin du champ de bataille et écartée de la route des cavaliers touraniens ; ils y montèrent tous les deux, parce que l’on pouvait de la observer les armées et ils attachèrent leurs yeux sur les Turcs et sur Bahram, pour voir comment il se comporterait à l’heure du combat.

Quand le vaillant Bahram eut mis en.ordre son armée, il quitta dans une grande émotion le champ de bataille et se roula dans la poussière devant Dieu, disant :

Ô Juge suprême, juste et saint !

Si tu trouves que cette guerre soit injuste, si tu préfères Saweh à moi, donne-lui du sang-froid dans la bataille et la victoire sur les Iraniens.

Mais si c’est ta cause que je défends, si c’est pour elle que je mets en danger ma tête dans le combat, accorde de la fortune à moi et à mon armée et rends par cette guerre la prospérité au monde. »

Il quitta ce lieu très-ému et monta à cheval, une massue à tête de bœuf en main.

Dernière mise à jour : 7 sept. 2021